Où en est le programme 1.000 Cafés dans l'Yonne en faveur des communes rurales ?
- chatelrozanoff
- 3 févr. 2022
- 2 min de lecture

"Revitaliser" la ruralité par l’ouverture et le soutien de cafés multiservices dans les communes de moins de 3.500 habitants anime le réseau 1.000 Cafés, porté par le groupe SOS. Dans l'Yonne, après Bassou et Bellechaume, un troisième va démarrer à Sommecaise.
Selon le groupe SOS, poids lourd français de l’économie sociale et solidaire (ESS), "26.000 communes rurales sur 32.221" n’ont plus de café. Et "53 % des communes de moins de 3.500 habitants ne disposent d’aucun commerce du quotidien (supérette, épicerie, boulangerie…), ni de café ou de débit de boissons". D’où l’opération 1.000 Cafés, lancée en 2019, en lien avec les élus et les gérants. Un vaste appel à candidatures avait été lancé auprès des maires ruraux.
Cinq autres "en cours d’instruction"
Le premier établissement estampillé 1.000 Cafés date de mars 2020. On en recense aujourd’hui 41 en activité, sur une première vague de 101 communes sélectionnées. Deux sont déjà opérationnels dans l’Yonne : C1 Plaisir (Bellechaume) et O’Délices de Bassou (Bassou), inauguré le 24 septembre 2021 par le Premier ministre Jean Castex. Des ouvertures se profilent à Guillon-Terre-Plaine et Sommecaise.
Ajoutez pour l’Yonne "cinq communes en cours d’instruction et une vingtaine d’autres candidatures", précise Clémence Richard, responsable de la communication de ce programme soutenu par le ministère de la Cohésion des territoires. Dix projets avancent en région Bourgogne Franche-Comté.
Si le foncier mobilisé dépend de chaque municipalité, "nous investissons dans la création de la société, poursuit Clémence Richard. La difficulté pour un gérant de se lancer, avec ses fonds propres, était un gros frein que l’on voulait lever. Pour chaque café, notre investissement de capital social est de 20.000 € en moyenne."
"Avec une population vieillissante, on en a absolument besoin. Ce n’est pas anodin, cette histoire."
KARINE GAIGÉ (gérante du bar-restaurant-épicerie Re-Naissance, avant l'ouverture prévue le 8 février à Sommecaise)
Dans cette aventure à "aucun pécule personnel avancé", Karine Gaigé se dit "très impatiente". Elle devait ouvrir le 1er février à Sommecaise un bar-restaurant-épicerie, baptisé Re-Naissance. Le Covid a reporté le lancement au 8 février "dès 7h30", sur la place du village.
La gérante mandataire sociale entend travailler avec les producteurs locaux, promet "dépôts de pain et de l’Yonne républicaine, retrait d’argent, revente de tabac et plus tard une offre relais colis".
"J’ai 15 ans de commerce derrière moi", assure cette maman motivée née à Sépeaux, qui se souvient "d’une épicerie-tabac, lieu de convivialité et de services". Gérer à son tour une enseigne en zone rurale lui tenait à cœur. "Avec une population vieillissante, on en a absolument besoin. Ce n’est pas anodin, cette histoire."
Dans "un projet global", d'après le maire de Sommecaise
La mairie de Sommecaise, devant assurer la mise à disposition d’un local commercial exploitable et justifier une mobilisation citoyenne, avait candidaté dès 2019. L’ouverture de Re-Naissance s’inscrit dans "un projet global de 650.000 € HT", affirme le maire Patrick Dumez. L’ancienne étable, propriété communale, comprendra également un tiers-lieu et une salle informatique.
Pratique. Depuis octobre 2021, le groupe SOS a étendu son champ d’action. "1.000 Cafés aide à rouvrir des cafés mais soutient aussi ceux mis en difficulté par la crise sanitaire", insiste Clémence Richard. L’appel à candidatures de cet accompagnement reste ouvert. Plus de renseignements et modalités sur www.1000cafes.org.
Comments