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Merry-sur-Yonne : 700 moutons saisis dans un élevage

  • Photo du rédacteur: chatelrozanoff
    chatelrozanoff
  • 3 févr. 2022
  • 3 min de lecture


Mi-janvier 2022, les services vétérinaires de la préfecture ont retiré 700 moutons à Jean-Baptiste Langellier, berger à Merry-sur-Yonne après plusieurs manquements relevés. Face à ces accusations, l'éleveur défend son modèle qu'il estime déconnecté des demandes formulées par les services de l'État, après son inspection.

Vendredi 14 janvier 2022, au matin, une dizaine de personnes se présente chez l'éleveur d'ovins Jean-Baptiste Langellier, à Merry-sur-Yonne. Des militaires, des membres du service vétérinaire de la préfecture et des bénévoles de l'association de protection des animaux OABA (Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs). Et parmi eux, "personne, pas un psychologue, pour assister le berger qui va s’effondrer", déplore Jean-Baptiste Langellier. Au total, environ 700 moutons lui ont été retirés, la totalité de l'élevage, bien qu'il défende fermement son modèle d'élevage. Une enquête est en cours, confiée à la brigade Coulanges-la-Vineuse.


Si aucune poursuite n'est à ce stade engagée, "une enquête est en cours menée par la brigade de Coulanges-la-Vineuse, confirme le procureur de la République d'Auxerre Hugues de Phily. Plusieurs infractions ont été relevées au sein de l'élevage". Concernant la saisie d'ovins, il s'agit d'un "retrait administratif qui devrait être converti en retrait judiciaire. Le tribunal devra statuer sur leur confiscation ou restitution".


Surmortalité au sein des troupeaux

Une première procédure avait été ouverte fin 2021 pour "non remise aux services d’équarrissage, détention de cadavres d’animaux sans déclaration et aire d’équarrissage non conforme". C'est dans ce cadre que le berger avait été entendu par la gendarmerie à deux reprises, en novembre.


Près de 600 moutons morts cet été 2021 à Merry-sur-Yonne : le désarroi d'un berger et l'agacement des riverains


Il explique avoir fait face à une surmortalité au sein de ses troupeaux, de l'ordre de 600 bêtes sur un élevage qui en comptait 1.800. La perte de ses moutons serait due, selon l'éleveur, "à une carence en iode. On a constaté que les moutons refusaient de manger et la fibre ne se stockait plus sur leurs intestins. À cela, s'est ajouté une attaque de mouches". Jean-Baptiste Langellier débute l'année 2022 avec moins de 1.000 bêtes qu'il faut remettre en état. "Si je n'y arrive pas, ce sera le dépôt de bilan en 2022, se dit alors l'Icaunais, installé depuis trois ans à Merry-sur-Yonne. Je sors d'un coup dur, mais je pense avoir les moyens de m'en sortir". L'élevage de moutons divisait les riverains à l'été 2021 en raison de l'odeur de carcasses.


"De bonnes conditions de détention" à offrir

Le 10 janvier 2022, il est 8h30, lorsqu'une dizaine de personnes sonne à sa porte pour mener une inspection au sein de l'élevage. Deux jours plus tard, les militaires lui remettent, en main propre, une mise en demeure de 7 pages. On demande au berger, entre autres, de fournir aux ovins "de bonnes conditions de détention", "une bonne alimentation", "un abri", et "un système d'abreuvement" d'ici à 48 heures. Ce à quoi il répond : "En 48 heures, je n'ai le temps de rien faire".


"Il n'y a pas besoin d'abreuvoir pour les moutons", explique l'éleveur, estimant que l'herbe, composée d'eau, suffirait à leur hydratation. "Mon argument n'a pas été retenu. Je donne de l'herbe nouvelle tous les jours à mes moutons. Et concernant l'abri qu'ils souhaitent que j'installe, on ne me dit pas combien, ni comment. Rien du tout". En colère, Jean-Baptiste Langellier estime que les services vétérinaires n'ont pas tenu compte de ses arguments, ni de la carence à l'automne ayant entraîné la fragilité de ses moutons.


Un procès-verbal de retrait

Vendredi 14 janvier 2022, les gendarmes, la préfecture et les membres de l'association de l'OABA reviennent à son domicile. Un procès-verbal de retrait lui ait notifié. Celui-ci fait état de l'absence d'abreuvement, l'absence d'abris, de brebis boiteuses et d'un état corporel insuffisant. La case "maltraitance" est cochée. Le rapport précise que malgré "une mise en demeure, aucune mesure corrective n'a été apportée". Une centaine de moutons lui est retirée et 600 autres, le mercredi suivant. Le tout, confié à l'association de protection des animaux. Contactée par mail et téléphone, l'association n'a pas donné suite à nos sollicitations.


Une demande en restitution

Parmi les lots saisis, l'un d'eux devait partir à l'abattoir. Soit un manque à gagner de "12.000 euros". "On m'a retiré mon travail, mon capital, mes revenus et ma passion", confie Jean-Baptiste Langellier, qui a l'intention de formuler une demande en restitution : "Je sais de toute façon qu'ils ne me les rendront pas si je ne suis pas absolument parfait. Si je n'entre pas dans toutes les cases".

 
 
 

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