Les chasseuses chassent les clichés
- chatelrozanoff
- 6 nov. 2021
- 3 min de lecture

Mairone et Océane Amorison ont respectivement 19 et 32 ans. Les deux soeurs partagent une passion commune transmise par leur père : la chasse. Sur les réseaux sociaux, elles veulent montrer une autre image de cette pratique et déconstruire certains préjugés. Rencontre.
Originaires de Marrault, Mairone et Océane sont sœurs. La première prépare un bac pro Service à la personne et aux territoires. La deuxième, installée à Avallon travaille dans un commerce de la Ville. Femmes de la ville la semaine, toujours apprêtées et soucieuses des tendances, elles troquent bien volontiers les baskets et jeans à la mode pour les habits kaki et orange le week-end. Rencontres avec ces chasseuses qui se définissent plutôt comme "chasseresses", un terme plus poétique, qui correspond davantage à la vision qu’elles ont de cette pratique.
Une passion transmise par leur père
La chasse, elles sont tombées dedans quand elles étaient petites. Une passion transmise par leur père, Jean-Michel Amorison, plus de quarante ans de pratique au compteur. Aujourd’hui, Mairone et Océane, deux Avallonnaises de 19 et 32 ans partagent en famille au sein de la Société de chasse de Saint-Brancher, leur passion commune.
On a toujours connu ça. Depuis petites, notre père nous emmène avec lui. Ce qui me plaît le plus, c’est la proximité avec la nature. Pour moi, c’est un vrai moment d’évasion
Le rapport à la nature, leur première motivation
Pour l'une comme pour l'autre, c'est davantage la proximité avec la nature qui leur plait dans la chasse. "J’aime aussi ce côté nature, mais aussi l’esprit de groupe et la cohésion, être avec les chiens, la traque, le fait d’apprendre des choses, de faire des rencontres", confie Mairone. "Personnellement, ma plus belle arme reste mon appareil photo. Je refuse de tirer les cerfs, sauf lorsqu’il y a des cas de consanguinité. Pour moi, c’est le roi de la forêt, il force le respect", ajoute sa sœur.
Elles affirment leur statut de femme à la chasse
Depuis plusieurs mois déjà, comme de nombreux jeunes chasseurs de leur génération, Océane et Mairone partagent leur passion et leurs sorties du dimanche sur les réseaux sociaux, et ont découvert une importante communauté, certes virtuelle, mais soudée, avec de plus en plus de femmes. "
"On voit qu’on est de plus en plus de chasseresses, bien plus que ce que l’on croit. On peut tout à fait être très féminine et aimer ça. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, ça n’est pas du tout un milieu macho, on ne se sent pas en compétition, au contraire les hommes sont attentifs, donnent des conseils et on sent de leur côté une envie de valoriser le fait qu’il y ait des femmes en leur donnant les meilleurs postes par exemple"
MAIRONE AMORISON
Les réseaux sociaux pour chasser les clichés
Si elles ont à cœur de partager leur passion sur les réseaux sociaux, c’est aussi parce qu’elles ont l’envie de donner une autre image de la chasse en France. "On ne tue pas des animaux pour tuer des animaux ! On a aussi un rôle écologique, car on contribue activement à la préservation des écosystèmes et des milieux naturels. Il est également faux de dire qu’on tire sur tout ce qui bouge, d’ailleurs pour moi la sécurité est primordiale, c’est quelque chose que l’on a en tête à chaque instant, car un accident peut vite arriver", insiste Océane qui voit aussi la chasse comme "un patrimoine culturel à préserver".
Une nouvelle association qui entend chasser différemment
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