Immobilier : portrait robot des nouveaux propriétaires dans l'Yonne
- chatelrozanoff
- 2 sept. 2021
- 2 min de lecture

Dans l'Yonne, le marché immobilier reprend des couleurs grâce notamment à un boom des résidences secondaires. Qui sont ces nouveaux propriétaires? Entretien avec l'anthropologue Jean-Didier Urbain.
Le marché immobilier dans l'Yonne en plein boom
C'est une bonne nouvelle : depuis plusieurs mois, le marché immobilier reprend des couleurs dans le département de l'Yonne. On constate notamment un boom des résidences secondaires. Mais qui sont ces néo-ruraux, ces nouveaux propriétaires ? L'anthropologue Jean-Didier Urbain, qui réside dans l'Yonne, s'est penché sur le sujet. Il répond à nos questions.
Depuis un an le marché immobilier est en ébullition dans l'Yonne au point que les agences manquent de biens à vendre. Qui sont ces acheteurs de résidences secondaires intéressés par l'Yonne ?
Jean-Didier Urbain : Le Covid-19 y est bien sûr pour beaucoup dans cette affaire. Il a accéléré les stratégies résidentielles et donc on peut distinguer trois types de clients dans cette affaire : Il y a d'une part ceux qui recherchent un abri parce qu'ils ont été échaudés par l'épidémie. Ils veulent trouver un autre habitat en cas de nouvelle crise. Il y a ceux qui, effectivement, hésitaient et franchissent le pas pour avoir un habitat alternatif destiné aux vacances, aux loisirs, etc. Et puis, vous avez une troisième catégorie de clients qui sont ceux qui cherchent au fond à avoir une vie sur deux résidences à la fois, avec le télétravail qui permet cette flexibilité. Ce sont des résidences complémentaires.
Quel est leur profil ?
Avant, c'était beaucoup de futurs retraités, mais maintenant, on a aussi beaucoup d'actifs qui veulent, dans la mesure du possible, couper leur semaine en deux, quand ils peuvent faire du télétravail. Leur âge moyen, c'est à 89 % des 45 ans ou plus. Donc, déjà, des gens qui ont une situation professionnelle stabilisée, généralement avec des enfants qui vont chercher plutôt des villes moyennes ou des petites villes pour leur équipement scolaire ou les services médicaux .
Ce phénomène est-il vraiment nouveau?
Non, ce n'est pas nouveau, mais c'est une accélération. Les gens sont finalement de plus en plus nomades et arrivent à vivre dans deux lieux de résidence différents. Ce n'est plus de l'ordre de l'utopie. Avec le développement des nouvelles technologies et des transports, c'est plus facile aujourd'hui.
Doit-on se féliciter de la multiplication des résidences secondaires ou ce phénomène peut-il poser des problèmes ?
Ça pose forcément des problèmes parce qu'on se trouve dans des cas de figure forcément de spéculation foncière. La bonne nouvelle, c'est que dans un premier temps faire augmenter les prix, mais dans un second temps, ça va évidemment concerner les populations locales soucieuses d'acheter un logement.
Il faut évidemment que chaque élu et chaque autorité locale veillent au grain pour qu'il n'y ait pas d'abus sur ce sujet en mettant des limitations.
Jean-Didier Urbain est l'auteur de "Désirs de campagne et passions résidentielles" paru en 2002 et réédité aux éditions Payot.
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