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Des archéologues font ressurgir le passé antique au sud d'Auxerre

  • Photo du rédacteur: chatelrozanoff
    chatelrozanoff
  • 7 sept. 2021
  • 3 min de lecture


Dans les zones agricoles du sud d’Auxerre, un diagnostic archéologique se déroule tout le mois d'août.


Depuis le 9 août 2021, des archéologues réalisent un diagnostic sur l’emprise du futur contournement sud d’Auxerre. Une portion de voie romaine et du matériel antique ont été mis à jour. L’équipe espère tomber sur une villa gallo-romaine.

En pleine campagne, c’est un spectacle bien inhabituel. Dans les zones agricoles du sud d’Auxerre, deux pelles mécaniques dessinent un étrange balai depuis le 9 août. Les imposantes machines viennent assister quatre archéologues de l’Inrap (l’Institut national de recherches archéologiques préventives).


Deux pelles mécaniques accompagnent les archéologues.


Entre la RN 151 et la RD 965, l’équipe est mobilisée sur le tracé du futur contournement d’Auxerre et sonde 10% d’un linéaire de près de 3,5 kilomètres. Un diagnostic archéologique "obligatoire comme pour tout aménagement de plus de 3 hectares", rappelle Alexandre Burgevin, le responsable des opérations.


Le temps est compté : les spécialistes ont jusqu’au 3 septembre pour rejoindre le rond-point de Villefargeau. "Normalement nous allons tenir nos délais. Nous avançons en moyenne d’un hectare chaque jour."

Alexandre Burgevin, chef des opérations.


Les imposantes machines raclent le sol avec une précision quasi chirurgicale. Les conducteurs sont capables d’enlever une couche de cinq centimètres seulement. "En archéologie préventive, la pelle mécanique est un outil au même titre que le pinceau et la truelle, explique Alexandre Burgevin. Avec un bon chauffeur, on peut travailler très finement. Physiquement, ça économise un peu les archéologues. Et puis, ça fait avancer plus vite les recherches."


Des ornières creusées par le passage de chars

Après plus de trois semaines de fouilles, les archéologues ont quitté des zones en pente, peu propices à des découvertes, pour atteindre une zone de plateau du côté d’Orgy et de Chevannes. Un secteur a priori bien plus intéressant. "Quand on fait deux kilomètres sans rien trouver, c’est pénible et frustrant, confie Alexandre Burgevin. Mais, en diagnostic, les espaces vides sont aussi des informations importantes. À nous de comprendre pourquoi ils sont vides."


Les archéologues sont à l'œuvre sur le tracé de la future déviation sud d'Auxerre.


La découverte importante de cette semaine est sans nul doute une portion de voie romaine qu’un des archéologues terminait de nettoyer ce mercredi 25 août. "Elle est orientée sur un axe nord-sud, commente Alexandre Burgevin. Nous avons un fossé bien délimité mais également une bande de roulement. Et, si on observe bien, on peut voir les ornières creusées par le passage de chars."


Les archéologues ont mis à jour une portion de voie romaine (en blanc sur cette photo).


La route mise à jour n’est pas une grande voie impériale. Elle fait partie des voies secondaires qui forment un maillage dans la campagne. Cette belle découverte n’est pourtant pas une grande surprise. "Elle était déjà connue des anciens suite à des recherches dans les années 90. Notre diagnostic permet cependant de mieux préciser son tracé."


Un des archéologues s'emploie à nettoyer la portion de voie romaine trouvée.


La présence de cette voie empierrée relance cependant l’espoir d’une découverte d’une villa gallo-romaine à proximité. Au cours de l’Antiquité, ces dernières étaient assez fréquentes le long des axes de circulation, en moyenne tous les deux kilomètres. "On espère en rencontrer une, souligne Alexandre Burgevin. Mais, jusqu’à présent, nous n’avons pas trouvé beaucoup de vestiges. Pour le moment, nous n’avons rien de concluant sur le tracé en lui-même : pas de mur, pas d’habitat, pas de fossé d’enclos, pas de trous de poteaux…"


Un morceau de toiture, un fragment de vaisselle…

De récentes découvertes permettent de rester confiant. Un morceau de toiture romaine, une partie de tuile et un bout de pot ont notamment été sortis de terre ces derniers jours. "Nous avons trouvé un fragment de céramique sigillée, cuite à très haute température. C’est ce qui lui donne un vernis très rouge. On est plutôt sur de la vaisselle de table", détaille Alexandre Burgevin. Autant de découvertes qui sont la preuve d’une fréquentation antique (entre le Ier et le Ve siècle) autour de la zone de recherches. Elles seront envoyées à Dijon pour étude.


Un fragment de céramique sigillée.


À l’issue du diagnostic, Alexandre Burgevin présentera les résultats dans un rapport factuel. Suivant l’intérêt, le service régional de l’archéologique décidera ou non de réaliser des fouilles plus approfondies. La présence d’une villa fera-t-elle partie d’un des chapitres du dossier?? Impossible pour l’heure de le savoir. Il faudra notamment un peu de chance à l’équipe de l’Inrap. "En archéologie préventive, nous n’avons pas le droit de sortir du tracé, précise Alexandre Burgevin. La villa peut très bien être à deux mètres de nous. Pour le moment elle n’apparaît pas dans nos sondages."

 
 
 

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