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A Fontenoy en Puisaye les descendants de Charlemagne se livrèrent bataille en 841

  • Photo du rédacteur: chatelrozanoff
    chatelrozanoff
  • 26 août 2021
  • 3 min de lecture


Au musée de la Bataille de Fontenoy, une maquette réalisée par des écoliers du village revient sur les mouvements du conflit mené par Charles et Louis, contre leur frère Lothaire et son neveu Pépin II.


Le village de Fontenoy, en Puisaye, est indissociable de la bataille menée le 25 juin 841 par les descendants de Charlemagne, marquant la fin de son empire. La matinée de guerre, prémices de l’Europe occidentale, met aux prises les petits-fils Louis le Germanique et Charles le Chauve, ligués contre les armées de leur frère Lothaire et de son neveu Pépin II.

À la mort de Charlemagne en 814, son seul fils encore en vie, Louis (le Pieux ou le Débonnaire), devient empereur d’Occident. "Cadet pas encore destiné à devenir roi, il manque de poigne. Un peu mollasson, il a du mal à prendre des décisions", résume Rémy Gueneau, étudiant en Master d’histoire médiévale à Dijon et guide saisonnier au musée de la Bataille de Fontenoy.


Trois ans après le début de son règne, Louis le Pieux opère un premier partage de l’empire à ses trois fils : "Louis le Germanique est à la tête de la Bavière, Pépin détient l’Aquitaine et Lothaire, l’aîné et roi d’Italie, gouverne avec son père une zone s’étendant jusqu’à l’actuel Danemark."


En 823, Judith, deuxième épouse de Louis le Pieux, donne naissance à Charles (le Chauve). "En 830 débute un cycle de dix ans de révolte des enfants contre leur père. Lothaire devient empereur en mai 830 mais ne le reste pas longtemps", poursuit le guide.


"Lothaire veut tout"

Suite à la disparition de Louis le Pieux le 20 juin 840, la discorde empire. "Lothaire veut tout, attaquer Louis et cherche à s’allier à son neveu, Pépin II (fils de Pépin, mort en 838, ndlr)." Un rendez-vous avec Charles est fixé à Attigny (Ardennes) vers mai 841. "Mais Lothaire ne vient pas là. Au Moyen Âge, c’est considéré comme une déclaration de guerre", dit l’étudiant.


Louis et Charles scellent alors une alliance et se rejoignent à Châlons-sur-Marne. Objectif : empêcher leur frère d’"opérer sa jonction avec l’armée du neveu Pépin II, qui vient d’Aquitaine", explique la maquette audio et lumineuse, réalisée par des écoliers de Fontenoy.À voir à Fontenoy : l’obélisque situé au niveau du camp de Lothaire, l’un des petits-fils de Charlemagne. (photo V. T.)


Une course-poursuite commence. Charles et Louis vont réussir à rattraper Lothaire près d’Auxerre, entre Orgy et Vallan."


"Une course-poursuite commence, sourit Rémy Gueneau. Charles et Louis vont réussir à rattraper Lothaire près d’Auxerre, entre Orgy et Vallan." D’autres voix décrivent : "Ils tentent de le dépasser en empruntant la Voie romaine, qui relie Auxerre à la Loire, via Entrains. Lothaire quitte la voie pour se diriger plus à l’ouest, par des chemins moins aisés, afin sans doute de manœuvrer plus discrètement."


Au soir du mercredi 22 juin, Louis et Charles dressent leur camp près de Tauriacus (Thury), sur une colline appelée aujourd’hui le Roichat. De son côté, à environ 7 km, Lothaire fait halte au sud-est de Fontanetum, où se situe actuellement l’obélisque. L’aîné ambitieux exige un délai de réflexion jusqu’au samedi 25.


"À la deuxième heure du jour"

"Il essayait juste de gagner du temps, avec ses 400 cavaliers… Les autres, 700 à deux. Autant dire qu’il avait besoin des renforts de Pépin coûte que coûte. II arrive le 24, par Saint-Amand-en-Puisaye et Saint-Sauveur-en-Puisaye."


Lothaire demande à ses frères de le reconnaître empereur. Dans l’impasse, tous s’en remettent "au jugement de Dieu et prévoient de se battre le 25 juin 841, à la deuxième heure du jour".


Les belligérants possèdent épées à double tranchant, lances à fer triangulaire, scramasaxes, haches, tuniques de cuir (broignes) ou encore des boucliers ronds renforcés de métal. Les troupes de Louis progressent sur les hauteurs du Deffand puis se retrouvent bousculées, pourchassées 2 km au nord, jusqu’au ruisseau des Bourguignons.

Louis et Charles sortent victorieux de la bataille matinale, qui s’achève vers midi et cause une centaine de morts et de blessés. La lutte fratricide aura mobilisé 1.300 guerriers venus de tout l’empire, 5.200 serviteurs, 3.900 chevaux et plus de 1.300 chariots. Un conflit vers les "prémices de la jeunesse des nations française et allemande".Une carte du musée de Fontenoy explique le partage des royaumes en 842, après le serment de Strasbourg : la Francie occidentale de Charles le Chauve, la Lotharingie de Lothaire (de la Hollande à l’Italie, par la Provence) et la Francie orientale pour Louis le Germanique. (photo V. T.)


Musée de la Bataille de Fontenoy. Animé par l’association Fontanetum 841, présidée par Ghislaine Vetter. Ouvert du mercredi au dimanche, de 14 h 30 à 18 h 30. Tél. 03.86.44.02.18.

 
 
 

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